Petite Histoire

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Les manuels d'histoire et de nombreux commentaires médiatiques font référence à de pseudo-faits historiques qui ne sont en fait que des légendes à l'origine pas toujours innocente. Bon nombre d'entre elles proviennent de documents peu fiables (voire créés de toutes pièces), souvent écrits longtemps après les faits, interprétés et extrapolés sans autre forme de procès par des historiens (Michelet entre autres) qu'ils confortaient dans leurs préjugés.

L'Histoire fourmille par contre d'anecdotes, parfaitement véridiques, attestées par des documents dignes de foi et contemporains des faits.

Cette page propose des exemples d'énormes bêtises historiques, mais aussi quelques anecdotes que j'ai trouvées intéressantes. Elle peut comporter elle-même des erreurs. Je ne suis pas historien mais je donne mes sources afin que les informations données ici soient vérifiables.

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SOMMAIRE

Valmy : on ne s'est pas battu
Guillotin n'a pas perdu la tête
La papesse Jeanne n'a pas existé
La Bastille était plutôt confortable
Personne n'a eu peur de l'an mil
Bibliographie
Liens

On ne s'est pas battu à Valmy

Certes, dire "on ne s'est pas battu" pour 300 morts environ est un peu excessif. Cela dit, l'armée française encaissait alors défaite sur défaite, et une de plus n'aurait surpris personne. Or la bataille s'est limitée à une cannonade, après quoi Brunswick a ordonné à l'armée prussienne de faire demi-tour. Pourquoi cet ordre a-t-il été donné ? On n'a pas de preuve décisive.

Une première explication tient simplement au fait que, en débit du manifeste incendiaire de Brunswick, les Autrichiens n'étaient pas tellement motivés pour aider Louis XVI qu'ils tenaient en piètre estime. Décontenancés par la cannonade (première résistance sérieuse qu'ils rencontraient) et malades de la dysenterie, ils se sont prudemment retirés.

Dans l'ordre des explications romanesques (données par [1] et [2] ): le "Régent", un énorme diamant, aurait été offert à Brunswick par Danton, comme prix de sa retraite. A l'appui de cette thèse, le diamant avait été volé quelques jours plus tôt au Mobilier National; quand Brunswick est mort, on s'est aperçu qu'il avait le diamant en sa possession. De plus, la corruption n'a jamais rebuté Danton.

La seconde explication ( cf [1] ) est est encore plus romanesque : on aurait monté une supercherie à l'Empereur de Prusse. Un acteur devait se faire passer pour son grand-oncle, revenu de chez les morts, et le sommer de rebrousser chemin. L'empereur était superstitieux. L'acteur aurait été Fleury, qui avait, dans une pièce de théâtre parue quelques années plus tôt, joué le rôle du grand-oncle. De plus, Beaumarchais raconte que Fleury s'était absenté de Paris pendant plusieurs jours et avait toujours refusé de parler de ce qui l'avait amené à voyager.

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Guillotin n'a pas inventé la guillotine...

...pas plus qu'il n'a été guillotiné. En fait, il avait simplement proposé l'égalité devant la peine de mort, et que celle-ci soit administrée non par un homme ( qui parfois ratait son coup et faisait souffrir inutilement la victime) mais par une machine.

C'est pourquoi la machine a reçu le nom de Guillotine, mais les plans ont été dessinés par un autre docteur : Antoine Louis.

Contrairement à ce que l'on dit parfois, Guillotin n'est pas mort la tête tranchée, d'une manière ou d'une autre, sous la Terreur. Mais il a bien été emprisonné, et a été libéré juste à temps.

Il a longtemps survécu à la Révolution (ses dates sont 1738-1814), et il était effaré de voir son nom attaché à l'engin dont la révolution avait fait un si terrible et si massif usage.

Mes sources se trouvent dans [3].

Vous pouvez aussi consulter une biographie très complète de Guillotin

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La papesse Jeanne n'a pas existé

On raconte qu'au moyen-âge, une femme est parvenue à se faire élire pape en se faisant passer pour un homme mais que, une fois la supercherie découverte, elle a été tuée.

Par la suite, les cardinaux échaudés par cette histoire auraient pris l'habitude, à chaque élection d'un nouveau Pape, de vérifier qu'il était bien un homme.

En fait, d'après [1], cette histoire viendrait du pape Jean VIII.

Très impopulaire à Rome, il s'est vu au fil des années affubler de tous les défauts, en particulier celui d'être efféminé.

De là à parler d'une femme, il n'y avait qu'un pas qui fut allègrement franchi lorsque des controverses religieuses ont amené les adversaires de Rome à vouloir ridiculiser la Papauté.

Michelet a repris et popularisé l'histoire, sans remarquer que les documents qui en parlaient étaient bien postérieurs au Moyen-âge ou tout simplement faux.

NDLR 2012/02/23: comme il faut vivre avec son temps, voici une référence à l'article Wikipedia sur le sujet, et à un autre site.

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La Bastille était plutôt confortable

A ce sujet, consulter [1] et [3].

La Bastille était de loin la prison la plus confortable de France (du moins sous Louis XVI). On y disposait d'un jeu de paume, d'un tailleur, et les repas étaient très corrects : ainsi, l'un des pensionnaires avait, le soir suivant son arrestation, mangé le premier repas servi, qui lui paraissait bon, pour s'apercevoir, à l'arrivée du second, qu'il avait pris celui de son valet.

On dit et on répète chaque 14 juillet que le peuple en colère aurait spontanément pris la décision de prendre par la force cette prison pour en libérer les prisonniers. Pour ce qui est de la spontanéité, elle est toute relative: des agitateurs étaient mêlés à la foule

(hypothèse "complotiste": quelques jours auparavant, une réunion maçonique aurait abouti à la décision de mêler des agitateurs à la foule. La Fayette y aurait participé, et on aurait même décidé à qui reviendrait le chantier de démolition de la Bastille. Comme par hasard, on avait demandé la veille au gouverneur de la prison de retirer les canons du chemin de ronde ( qui ne tiraient d'ailleurs que lors de cérémonies ), sous prétexte qu'ils terrorisaient les parisiens).

Pour ce qui est des motivations de l'attaque, il n'était initialement pas question des prisonniers. Des bandes de pillards très nombreuses sévissaient depuis plusieurs semaines dans la capitale, et les gens cherchaient à s'armer afin de se défendre. Or la Bastille passait (à tort) pour un entrepôt d'armes. Naturellement la foule qui s'y est rendue se composait d'honnêtes gens, mais aussi de bandits et d'agitateurs, et les deux dernières catégories ont pris le contrôle de la situation.

Ce n'est, d'après [5], qu'au soir que l'on a pensé à libérer de supposées victimes du régime. Ils n'étaient que 7 : deux fous, quatre faussaires et le Comte de Solanges enfermé pour inceste. Comme c'était décidément fort peu, on a inventé un Comte de Lorges dont Michelet décrit "la barbe tombant jusqu'à la ceinture" et qui n'a qu'un défaut : il n'a jamais existé

Une précision en ce qui concerne le nombre des assaillants : quand on a décidé plus tard d'attribuer des médailles de "héros de la prise de la Bastille", seules neuf cents et quelques ont été distribuées ( le chiffre exact est dans [3] ). Tout le monde n'a cependant pas été compté, car nombreux étaient dans la foule, ceux qui désapprouvaient la tournure de l'événement ou qui, s'étant conduit d'une façon tout sauf glorieuse, n'allaient pas s'en vanter.

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Personne n'a eu peur de l'an mil

Depuis Michelet, on colporte la rumeur que, peu avant l'an mille (ou mil comme on écrit souvent par coquetterie), la France aurait vécu dans la terreur d'une apocalypse prochaine, annoncée pour cette année-là.

C'est presque complètement faux.

Dans [1], il est dit que seuls deux textes anciens soutiennent cette thèse. Le premier a été écrit, au cours du onzième siècle, par un moine qui déclare avoir entendu parler d'une fin du monde prochaine vers cette époque, et qui s'empresse d'ajouter que personne ne croyait à ces sornettes.

Le second est bien postérieur, puisqu'il est l'œuvre d'un chroniqueur du seizième siècle dont on connaît bien la fertile imagination.

Dans [1] et [4], on apprend que les historiens disposent de plusieurs centaines de bulles pontificales de l'époque. Aucune, avant l'an mil, ne suggère une quelconque apocalypse, et aucune, après l'an mil, ne rend grâce pour un fléau écarté.

Enfin, un argument de bon sens, tiré de [1] : à l'époque, on ne se préoccupait pas vraiment du numéro de l'année. La plupart des gens ne connaissait pas la date et s'en fichait pas mal.


Bibliographie

[1] : Les beaux mensonges de l'histoire par Guy Breton. Lui-même fait référence à de nombreux ouvrages.
[2] : Les diamants de l'Argonne ( roman )
[3] : La petite histoire par G.Lenôtre ( 2 volumes ).
[4] : Pour en finir avec le Moyen-Age de Régine Pernoud
[5] : Histoire de France (vol.1) par A.Castelot


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Liens Historiques

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